# EIPA-CONFRONTATIONS / CES MAUX QUI TOUCHENT TOUJOURS LA ZONE EURO

Posted by AT on Dimanche 28 décembre 2014

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Cinq ans après le début de la crise de la dette, la zone euro a tourné le dos à la récession et n’a plus que deux pays sous perfusion financière, mais elle reste rongée par des maux profonds qui peuvent à tout moment raviver les craintes des marchés.

LE SPECTRE DE LA DÉFLATION

Confrontée à un ralentissement continu des prix, la zone euro pourrait basculer dans la déflation, un cercle vicieux dont le Japon peine à sortir depuis 20 ans. A la baisse des prix, succède la baisse de la consommation, des investissements puis des salaires, avec des retombées néfastes sur l’activité.

Consciente de ce risque, la Banque centrale européenne (BCE) a pris toute une série de mesures (baisse historiques des taux, rachat d’actifs, injections de liquidité), mais les marchés veulent que l’institut monétaire fasse le grand saut en procédant au rachat d’obligations souveraines (le “quantitative easing”). « Un tabou absolu en Allemagne » commente l’Afp.

CROISSANCE FAIBLE ET CHÔMAGE

Avec une croissance au point mort, le rebond de l’économie n’a jamais eu lieu et certains pays, comme l’Italie, ont même replongé en récession. Même l’Allemagne, traditionnel moteur de la région, commence à montrer des signes de faiblesse, notamment dans le secteur industriel. A ce tableau s’ajoute un chômage de masse qui touche de plein fouet les jeunes.

Pour stimuler la croissance, les appels à la relance des investissements se multiplient. Le président de la future Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a proposé un plan de 300 milliards d’euros sur trois ans, mais l’origine des fonds et la répartition de l’effort entre public et privé ne sont pas réglées, et Berlin se refuse à “signer des chèques” pour stimuler l’activité.

ASSAINISSEMENT BUDGÉTAIRE

La zone euro a remis de l’ordre dans ses finances publiques, mais la situation est contrastée selon les pays. Huit d’entre eux ont des déficits excessifs, au-dessus de 3% du PIB, dont la France qui ne devrait pas revenir dans les clous avant 2017 et justifie ce dérapage par la conjoncture. Une situation qui crée des tensions avec les partisans de l’orthodoxie budgétaire, Allemagne en tête, et avec la Commission, qui dispose d’un droit de regard sur les budgets nationaux.

Respect pur et simple des règles ou flexibilité nécessaire pour ne pas tuer la croissance ? Le débat agite les capitales européennes. Un sommet de la zone euro aura lieu le 24 octobre à Bruxelles pour faire le point.

LE « PROBLÈME GREC »

Premier pays touché par la crise en 2010, la Grèce commence à voir le bout du tunnel: elle doit sortir de la récession cette année, ses taux d’emprunt ont fortement reculé et son deuxième programme d’aide touche bientôt à sa fin, côté européen.

Mais la situation reste extrêmement fragile, comme en témoigne l’accès de fébrilité sur les marchés cette semaine. Le pays est toujours lesté d’une dette correspondant à 175% de son PIB et ne semble pas en mesure de se financer pleinement sur les marchés. Il veut pourtant s’affranchir plus tôt que prévu de l’aide du FMI, prévue jusqu’en 2016.

Des élections anticipées pourraient également avoir lieu avant la fin de l’hiver, avec la possibilité de voir arriver au pouvoir la gauche radicale (SYRIZA), anti-austérité et favorable à une annulation partielle de la dette. Les Européens ont promis jeudi de continuer à soutenir la Grèce après la fin de l’année. Fournir une ligne de crédit pourrait être une option.

LES BANQUES OU LE MAILLON FAIBLE DE LA ZONE EURO

Pour nombre d’analystes, les banques sont un point faible en Europe car le travail d’assainissement des bilans n’a pas été mené jusqu’au bout. Les tests de résistance, dont les résultats sont attendus dans dix jours, devraient mettre en évidence certaines fragilités et identifier de nouveaux besoins de recapitalisation.

L’agence de notation Fitch a déjà souligné que les quatre grandes banques grecques devraient certainement être renflouées. Ces tests se veulent plus rigoureux que les précédents, très décriés pour ne pas avoir mis le doigt sur le problème de banques en Espagne ou de Dexia en Belgique.

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